Canon 16-35mm F/4 L IS : enfin un UGA à hauteur des FF Canon ?

 

A l’heure où fleurissent sur internet les tests d’optiques sur mires, murs de brique, et autres sujets favoris des vaillants geeks qui en sont les auteurs, occultant de nombreux autres paramètres que le piqué (si si, il n’y a pas que ça…), j’ai eu envie de vous faire part de mes impressions sur ce petit nouveau au catalogue Canon, basé sur une expérience terrain. Et pour cela, mon récent voyage en Écosse (Ile de Skye) s’est montré particulièrement adapté ;-)

Il est à noter que j’ai utilisé ces dernières années et jusqu’alors un 16-35mm f2.8 L II, qui était pour moi dans son domaine la meilleure alternative en terme de rapport qualité/polyvalence, pour un photographe de paysage Canoniste. J’avais fait ce choix après avoir testé le diabolique TS-E 17mm, qui ne disposait malheureusement à l’époque d’aucune solution simple pour employer des filtres (lentille proéminente), ainsi que le Zeiss Distagon 18mm f/3.5, que j’ai revendu un peu hâtivement, avant d’avoir su apprécier son sympathique rendu :oops:

Mon 16-35 f/2.8 II m’a donc apporté durablement la polyvalence attendue, en fermant toutefois un peu (beaucoup) les yeux sur un détail particulièrement agaçant : son exécrable rendu d’une part sur les bords mais surtout dans les angles qui « filent » systématiquement, particulièrement sur des cadrages larges à 16-20mm, ceci quelque soit l’ouverture (même s’il était déjà bien meilleur que le 17-40 f/4 L sur ce point). En toute logique, j’ai souhaité tester dès sa sortie ce nouveau venu 16-35mm f/4 L IS, dans l’espoir d’y trouver le salut tant attendu, éventuellement au sacrifice de l’ouverture 2.8 que j’affectionnais bien pour quelques voies lactées, lorsque mon 24mm f/1.4 était resté bien au chaud à la maison…

16-35
Canon 16-35mm f/2.8 L USM                             Canon 16-35mm f/4 L IS USM

 

• Verdict •

 

• Sur le point le plus important, à savoir l’homogénéité : le progrès est indéniablement là. Ce nouvel UGA souffre beaucoup moins du problème de courbure de champ que connaissent nombreux de ses homologues, y compris le vaillant Canon 16-35 2.8 II. Les angles s’en sortent beaucoup mieux, l’ensemble atteignant une excellente homogénéité avec un piqué d’un très bon niveau, même sur des compositions extrêmes nécessitant l’emploi d’une très petite ouverture et une mise au point à l’hyperfocale. A noter que si la distorsion en barillet est assez importante à 16mm, elle se corrige aisément en post-traitement.

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16mm • f/8 • ISO 100 • 1/2s sur trépied

 

• Le nouveau diaphragme à 9 lamelles est assez bienvenu pour la qualité du bokeh aux ouvertures intermédiaires, mais les étoiles formées par les sources ponctuelles (soleil, lampadaires…) lorsqu’on ferme le diaphragme ne sont pas des plus naturelles : elles ont beaucoup trop de branches (18 !), je ne trouve pas cela très esthétique.

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16mm • F/16 • ISO 100 • 30s appareil en appui latéral

 

• A propos du stabilisateur (IS), même si beaucoup décrient son intérêt sur les courtes focales, son intérêt pour moi est énorme : son efficacité est telle qu’il est possible de produire des clichés parfaitement nets au 1/5 s. Pour un photographe de paysage, cela ouvre des portes considérables : exit le trépied dans bien des situations, comme lorsqu’il s’agit de dynamiser légèrement l’eau vive ;-)

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21mm • F/16 • ISO 100 • 1/8s à main levée

 

Au niveau construction, exit l’aluminium et le magnésium, on est sur du tout polycarbonate. Bon nombre d’objectifs de la série L Canon sont dorénavant construits autour de ce matériau, et on finit par s’y faire : il suffit de chasser ses aprioris sur les matières plastiques, qui ne sont plus du tout comparables avec celles que l’on a connu avant les années 2000. Leurs caractéristiques mécaniques dépassent aujourd’hui bon nombre de métaux, et vieillissent très bien.

Du coté des bagues pas de surprise, elles n’ont comme à leur habitude, pas un poil de jeu et sont fluides à souhait, permettant des explozooms, et une mise au point aisée en live-view sur-agrandi sans trop de tremblements.

Le pare-soleil a pris au passage un petit coup de jeune, avec un design plus compact et un verrouillage mieux conçu, permettant une mise en place plus fluide.

Le filetage frontal en Ø77 est plutôt bienvenu : au delà de l’économie réalisée sur les filtres, il rend possible l’usage d’une bague pour porte-filtres LEE spéciale (marque SERK) qui permet de visser un filtre en 82 sur le porte filtre, entre celui-ci et le premier filtre coulissant. C’est un véritable bonheur que de pouvoir utiliser ses ND vissant favoris (pas de fuite de lumière…) sans prendre le risque de les retrouver coincés définitivement dans la bague wide angle :-) Un léger défaut à souligner toutefois, au niveau du filetage frontal du fût : en polycarbonate et avec un premier filet moins évasé que sur le 16-35mm f/2.8 II, il guide beaucoup moins bien le filtre, qui à tendance à se coincer de biais lors de la mise en place.

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Porte-filtres LEE sur bague Wide Angle marque SERK Ø77 + Filtre slim Ø82 + Dégradé gris + Polarisant Ø105.
Dans cette configuration, à partir de 18mm il n’y a plus aucun vignettage perceptible.

 

Texte et illustrations © 2014 – Nicolas PERRIN

4 Commentaires

  1. béranger 26 février 2017 Répondre

    Bonjour Nicolas,
    Merci pour cet article et les jolies photos qui parlent d’elles même.
    Enfin j’hésite entre deux objectifs
    Le 16/35 USM 2 ouverture 2,8 à 940 euros d’occas et le le 16/35 is f 4
    Pour moi la qualité image prime ainsi que l’homogénéité. Les poids sont assez similaires c’est pour cette raison que je m’orientais au départ vers le 2,8 version 2
    Lequel des deux choisir ?
    Merci beaucoup bien à toi

    • Auteur
      Nicolas 2 mai 2017

      Bonjour,
      J’espère que tu pardonneras ma réponse tardive… ;)
      Pour les deux aspects que tu cites (qualité et homogénéité) je prendrais le f/4 IS sans aucune hésitation. Il fait l’unanimité des photographes de paysage canonistes.
      La génération optique n’est pas du tout la même, sa conception est basée sur l’exigence des capteurs d’aujourd’hui.
      Après, je n’ai pas testé le 2.8 III, il doit être probablement au top. Le tarif, lui, un peu moins :/
      J’espère avoir éclairé ta lanterne…
      A bientôt !
      Nicolas

  2. Florian 1 octobre 2014 Répondre

    Super cet article !
    Merci de nous faire découvrir ton ressenti, avec quelques clichés par la même occasion, extra :)

    • Auteur
      Nicolas 2 octobre 2014

      Merci pour ton passage :) a bientôt

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