Vous avez dit… flou de bougé ?

 

Aaaaaah le flou de bougé… ennemi numéro un du photographe lorsque la lumière manque et que les temps de pose explosent. Le plus souvent, c’est un flou involontaire : en appuyant sur le déclencheur, on fait facilement un mouvement ; il y a également le tremblement de l’opérateur pendant la phase d’exposition. Chacun a ses propres limites, qui varient selon l’expérience, la fatigue (ou le niveau d’alcoolémie…).

Il existe aujourd’hui un grand nombre de solutions, avec pour chacune ses limites, permettant de repousser l’apparition de ce phénomène (du flou de bougé, hein, pas de l’alcoolémie…).

1. Le trépied

Certainement la plus ancienne solution, elle consiste à fixer l’appareil, permettant l’usage d’un temps de pose aussi long que nécessaire (sous réserve d’un sujet immobile…) La solution la plus efficace donc, avec les inconvénients majeurs que chacun aura pressenti : le poids et l’encombrement. Malgré cela, cela reste la solution adoptée unanimement par les photographes de paysage, moi compris.

trepied

2. La sensibilité élevée

La seconde solution consiste à « monter les isos ». L’utilisation d’une sensibilité élevée permet en effet de réduire le temps de pose. Nos appareils numériques permettent aisément le recours à cet artifice : plus besoin de changer la pellicule. Ce n’est pas sans effet secondaire : un fameux bruit (grain) apparaît à mesure que l’on pousse les isos. Les dernières innovations technologiques implémentées dans nos appareils numériques repoussent ce phénomène, et rendent à ce jour les clichés exploitables allègrement jusqu’à 6400 isos pour bon nombre d’appareils (le bruit se faisait déjà bien sentir dès 800 isos en argentique). C’est donc une solution efficace, mais qui montre rapidement ses limites : on reste limité quoi qu’il en soit par le temps de pose limite théorique. (Pour rappel, l’inverse de la focale (1/f), soit par exemple, à 50mm : 1/50s)

molette_modes

3. L’objectif stabilisé

Depuis quelques années, la tendance est à l’implémentation de stabilisateurs optique, dans les objectifs principalement (Sony a choisi de stabiliser ses boîtiers). L’efficacité est assez impressionnante, permettant de diviser jusque par 16 (4 diaphragmes) la vitesse utilisée, pour les dernières générations d’objectifs. L’équivalent de passer de 100 à 1600 isos, sans apparition de bruit. Ce système montre ses limites également. En premier lieu, son coût : un objectif stabilisé coûte entre 1,5 et 2 fois le prix de son homologue non stabilisé. Ensuite, son fonctionnement met en oeuvre des pièces d’usures (gyroscopes) coûteuses à remplacer, et présente un risque de panne accru.

N.B : Pensez à désactiver le stabilisateur lorsque vous utilisez un trépied, sous peine d’un résultat inverse : de belles images toutes floues. Et pour rappel, stabilisateur ou trépied ne stabilisent pas un sujet en mouvement !

stab_ficelle

4. Une simple petite ficelle…

Cette solution peu connue, efficace, légère, qui tient dans la poche, qui s’adapte sur tout matériel, et surtout GRATUITE, m’a rendu de fiers services.

 

  • Prenez 2 bons mètres de ficelle.
  • Fixez une extrémité à votre appareil (enroulée autour de l’objectif ou coincée par un plateau de trépied sous l’appareil par exemple).
  • Laissez la pendre au sol, posez votre pied dessus afin de pouvoir la maintenir en tension, en tirant votre appareil vers le haut.

 

Ainsi, vous bloquez toute vibration verticale, responsable directe des flous de bougé. Avec ce système, on gagne allègrement 3 diaphragmes, 4 avec un peu d’entraînement. Soit autant qu’un stabilisateur optique ! La prochaine soirée, prenez votre ficelle et coupez le flash, vous verrez c’est surprenant d’efficacité !

Texte et illustrations © 2013 – Nicolas PERRIN

1 Commentaire

  1. Alleron 23 avril 2014 Répondre

    Salut
    je la trouve d’enfer la stabilisation, merci je ne connaissais pas :-)
    Bon continuation et bravo pour ce blog
    Franck

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